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Voici le début des fan stories rédigées par Geekonacho et Daiana... Enjoy !

Les Chroniques de Carlael

Chapitre premier : L’histoire se souviendra des rois


« J’ai vécu une vie de guerre. J’ai connu des rois et des héros dont on chante la bravoure et l’honneur et dont les enfants portent le nom. Je connais les mensonges qui les entourent et dont les simples mortels ne savent rien, j’en porte la honte comme eux. Nos mains sont souillées du sang de millions d’êtres vivants et nos nuits hantées par leurs fantômes. L’histoire se souviendra des rois, oubliant les veuves et les orphelins, abandonnés sur le chemin du pouvoir, de l’aveuglement et de l’orgueil. »


Roi Gram.


Aussi loin que regardait Carlael, il voyait des hommes en armure. Des grands, des petits,

des gros, des maigres, des souriants et des pleurnichards, tous marchant vers

l’inéluctable combat, leur armure rutilante et leur épée encore vierge du sang vert qu’ils

haïssaient tellement et qui, pour la plupart, était la raison de leur enrôlement : protéger

le Castel de Crown contre les Orcs du Nord.


Carlael, lui, n’était pas un guerrier. Dans sa famille on était herboriste de père en fils, et

même s’il n’était pas maladroit avec une lame, il préférait nettement le confort de son

atelier, à concocter ses potions de régénération et ses parchemins magiques. Il avait

pourtant décidé de se joindre à l’armée qui venait de se mettre en marche, cependant, il

n’ éprouvait aucun désir de se battre contre les peaux vertes, c'était sa curiosité

scientifique pour les terres de Shadowcrag qui le poussait à rallier une telle expédition.

Les humains n’avaient pas foulé ces terres depuis un siècle et les légendes qui en

parvenaient l’avaient bercé depuis sa prime jeunesse. Au matin du grand

rassemblement, il avait préparé son équipement et s’était empressé de rejoindre les

équipes médicales situées á l’arrière des troupes. Ils avaient piétinés longtemps sous un

soleil de plomb, s’étouffant dans l‘épais nuage de poussière dégagé par cinq mille

soldats avançant au pas de marche et aux sons des tambours de guerre. Ils ne

s’arrêtèrent qu’au crépuscule et entreprirent de construire le camp, la lumière du soleil

bientôt remplacée par celles des torches. Lorsqu’il eut fini de monter sa propre tente la

nuit était tombée depuis longtemps et nombre de ses nouveaux partenaires dormaient

profondément. Il s’allongea. Les pieds au chaud et la tête à l’extérieur, contemplant les

étoiles, d’ordinaire voilées par la fumée des charbonneries de son quartier. Les minutes

s’étiraient jusqu’à devenir des heures et il s’enfonçait peu à peu dans ses rêveries quand

une voix féminine l’en sortit brusquement.


- Vous devriez dormir, elles seront toujours là demain.


Surprit, il ne prit pas le temps de réfléchir.


- Elles ?


Son invitée ricana et vint s’asseoir à ses cotés.


- Les étoiles. Je vous observe depuis plusieurs minutes et vous n’avez pas bougé

d’un centimètre, ni même cligné des yeux.


Il prit un instant pour la regarder. Elle ne devait pas être plus âgée que lui, son visage

était rieur et entouré par une épaisse chevelure châtain aux reflets flamboyants, mais ce

qui l’attira le plus furent ses yeux. Ce n’était pas la couleur noisette qui le troubla, mais

cette profondeur qu’il pouvait y lire. Comme si cette jeune fille venait d’un autre temps.

Comme si cette vie n’était pas sa première. Elle le regarda en souriant de plus belle.


- Je m’appelle Belle.


- Carlael, enchanté.

Il sentit les effluves de son parfum, un subtil mélange de rose et de jasmin, délicatement poivré. Cela lui rappela, avec nostalgie déjà, son atelier de travail, regorgeant de senteurs en tout genre.

- Puis-je vous demander ce que vous faites ici ? Sans vouloir vous offenser, vous n’avez en rien l’air d’un grand guerrier.

- En effet. A vrai dire, je ne le sais pas moi-même avec certitude. C’est comme si quelque chose m’avait poussé à rejoindre les rangs.

Il marqua une pause et arriva enfin à détacher son regard de la belle jeune femme, reportant à nouveau son attention sur le ciel scintillant. Il le fascinait et l’apaisait. Jamais il ne l’avait vu briller d’une telle intensité.

- Je suis un grand curieux de tous les secrets et richesses dont regorgent nos vastes terres. Il existe tellement de mythes et de légendes qui me passionnent depuis toujours, j’aimerais voir de mes yeux ce que nos ancêtres content depuis des millénaires. C’est notre passage par les Terres de Shadowcrag qui a achevé de me convaincre. Mon père me racontait mille et une histoires sur ce dragon lorsque j’étais enfant, elles m’ont toujours passionné et intrigué.

- Shadowcrag… C’est également pour lui que je suis ici.

Carlael plongea à nouveau dans ses yeux, avec encore plus d’intensité, la questionnant du regard.

- Il a tué ma mère. - Mais… Selon les légendes, aucun être vivant n’aurait osé ne serait-ce qu’approcher ces terres depuis plusieurs décennies. - C’est le cas. Depuis 101 ans et 128 jours pour être exacte. C’était la dernière à s’être aventurée sur le territoire de ce maudit dragon. Je me dois de la venger.

Son regard s’était métamorphosé. Ses yeux étaient devenus noirs, brillants d’une colère et d’une rancœur qui fit presque peur à Carlael. Il s’en détourna alors. Même s’il ne connaissait pas la jeune fille, ressentir tant de haine et de douleur émanant d’elle lui brisait le cœur. Son esprit cartésien reprit le dessus. Belle devait tout au plus avoir une vingtaine d’années. Sa mère était morte il y a plus d’un siècle.

- Comment est-ce…

Carlael tourna la tête vers Belle, pour s’apercevoir qu’elle n’était plus à ses côtés. Il ne l’avait pas entendu partir et, étrangement, ressentait toujours intensément sa présence. Il soupira et se mit à cogiter. Il savait d’ores et déjà qu’il lui serait impossible de fermer l’œil de la nuit. Il se leva alors pour partir à la recherche de Belle, dans l’espoir de comprendre. C’est alors qu’il vit, à l’endroit même où elle se trouvait quelques instants plus tôt, un petit amas d’une poussière argentée qui brillait intensément.

Il en prit quelques grains et les mit dans sa poche, avant de partir à la recherche de cette intrigante jeune fille.


Il fit à plusieurs reprises tout le tour du camp, arpentant chacune des allées séparant les tentes de ses nouveaux camarades, demandant ça et là, aux quelques soldats encore éveillés, s’ils avaient vu Belle. Aucun d’eux n’avait vu l’ombre d’une femme dans leurs rangs. Peut être dans l’équipe médicale, il y avait en effet quelques infirmières venues au front pour assister les médecins.

N’osant pénétrer dans l’immense tente destinée aux blessés de guerre, dans laquelle dormaient en attendant médecins et infirmières, Carlael ne se résigna pour autant pas à abandonner sa quête. Il continuerait à la chercher toute la nuit s’il le fallait Sans parvenir à se l’expliquer, il se sentait comme relié à cette femme. Comme si un destin commun les attendait. Il devait donc la retrouver encore ce soir, car tous les soldats reprendraient leur route le lendemain, se rapprochant encore un peu de leur dessein. Le lendemain, il serait peut être trop tard.

La tente médicale, légèrement en contre-haut, offrait une vue imprenable sur la totalité du camp. C’est en voulant retourner sur ses pas que Carlael fut frappé par un spectacle des plus surréalistes. Il vit une immense aura argentée qui englobait tout le campement. Elle était comme constellée de minuscules perles scintillantes. Etrange mais somptueux. De la poussière d’étoile. Cela lui fit immédiatement penser à celle qu’il avait trouvée quelques minutes plus tôt. Il la sortit de sa poche et la contempla, méditatif.

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